FRATERNITE DES PRETRES DU DIOCESE

Une fraternité des prêtres du Diocèse de Nouakchott : d’un vœu du Père Evêque à une réalité vécue par les prêtres.

Naissance et fondements

Lors du Conseil Episcopal d’octobre 2019, l’Evêque du diocèse le P. Martin HAPPE, a exprimé son souhait de voir naître un cadre d’échange, de concertation, de partage sur les réalités pastorales et de solidarité en faveur des jeunes prêtres. Le Père Evêque, considérant le nombre réduit des membres du presbyterium et les distances qui séparent les uns d’avec les autres, soucieux du risque de solitude et d’isolement qui guette les prêtres surtout les plus jeunes dans le ministère, a demandé à son Vicaire Général de penser à un cadre au sein duquel, les prêtres, seraient en mesure « de cultiver et de vivre des amitiés sacerdotales mûres et profondes […] source de sérénité et de joie dans l’exercice du ministère, un [lieu] de soutien décisif dans les difficultés, et une aide précieuse pour la croissance de la charité pastorale, […] d’une façon particulière envers les confrères en difficulté qui ont besoin de compréhension, d’aide et de soutien » ainsi que le recommande le Directoire pour le Ministère et la Vie des Prêtres, (DMVP 28).

Dès la première rencontre tenue quelques mois plus tard, les échanges ont poussé à élargir ce cadre à tous les prêtres sans exception. Ainsi l’idée d’une Fraternité Sacerdotale des Prêtres du Diocèse de Nouakchott venait d’être lancée allant dans le sens de ce qui est dit dans le document conciliaire Presbyterorum Ordinis et repris dans le DMVP « En vertu du sacrement de l’Ordre « chaque prêtre est uni aux autres membres du presbyterium, par des liens particuliers de charité apostolique, de ministère et de fraternité ». En effet, il est inséré dans l’Ordo Presbyterorum, constituant une unité qui peut se définir comme une véritable famille où les liens ne viennent pas de la chair et du sang, mais de la grâce de l’Ordre. (DMVP 25 ; cf P.O. 64-65)

S’il est vrai qu’en tant que structure ou groupe, nous devons la naissance de notre organisation à notre Père Evêque qui a voulu mettre en pratique les indications du Magistère de l’Eglise en faveur de l’Ordre des prêtres, nous ne devons pas oublier que les liens qui nous unissent ou qui devraient nous unir précèdent notre organisation et remontent à notre origine commune en Dieu et notre appartenance à l’Eglise corps du Christ.

En effet nous sommes tous frères de par le même souffle de vie que nous avons reçu du créateur (ce que le Pape François rappelle dans Fratelli Tutti) ; en suite nous sommes tous frères de par le même baptême qui fait de nous membres de l’Eglise. Ces deux degrés de fraternité viennent à être consolidés par le même sacerdoce que Jésus nous a partagé. Vu le petit nombre que nous sommes ici en terre d’islam, la fraternité réellement vécue demeure la voie qui permet d’éviter le danger de l’isolement et de raviver la communion (c’est-à-dire le fait d’être un avec les autres) pour un témoignage crédible. C’est d’ailleurs ce que Jésus demandait à son Père dans la prière dite sacerdotale en Jean 17 : « Qu’ils soient un afin que le monde croie »

Sens et périodicité des rencontres

La fraternité qui nous unit n’est pas à concevoir sous la forme d’une suite de la formation reçue au Grand séminaire Il ne s’agit donc pas d’un domaine d’initiation ou de mentorat à l’action pastorale encore moins d’un accompagnement spirituel. Il s’agit d’un lieu de partage d’expérience, un lieu de soutien moral, et même pourquoi pas de soutien matériel si besoin en est, un lieu où, soudés entre nous autour de l’évêque, nous nous aidons à faire face aux exigences du ministère pastoral pour conduire dans la coresponsabilité le peuple que Dieu nous a confié. Compris dans ce sens l’âge ou le nombre d’année de sacerdoce ne devraient pas empêcher à ceux qui le souhaitent, de demeurer dans ce groupe.

Chacun des membres est donc invité à apporter sa contribution pour que la Fraternité ainsi formée soit profitable à tous.

Les distances qui nous séparent, et le nombre réduit que nous formons (malgré les multiples exigences pastorales), ajoutées au manque de moyens matériels et financiers nous ont conduits à fixer deux rencontres par année. Ces rencontres se passent dans les différentes paroisses à tour de rôle. Ce sont des moments durant lesquels l’utile est joint à l’agréable. Un thème de réflexion est toujours développé par un des membres, suivi d’un moment d’échange. Durant ces rencontres les présents essaient aussi de découvrir les zones d’implantation de nos communautés, zones très différentes d’un endroit à un autre. Les activités des agents pastoraux travaillant dans la zone sont visitées à l’occasion. Le tout ponctué par des moments de prière et de loisir.

Christ notre Frère Aîné

Avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien […] ceux que d’avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 28-29).

Nous ne sommes pas une Fraternité quelconque mais bien une fraternité sacerdotale. Notre identité commune se trouve dans ce que Christ Jésus seul vrai prêtre nous a partagé de son ministère. Donc c’est de lui que nous devons tenir la marche à suivre ou l’attitude à observer. Le Seigneur Jésus nous a laissé d’innombrables exemples cependant c’est dans son testament que nous pouvons tirer les valeurs qui donnent sens à notre identité. Pour nous le rappeler, voici extrait d’un discours du Pape adressé aux évêques et prêtres du Venezuela qui mérite qu’on s’y arrête.

« […] Je voudrais vous indiquer deux principes que l’on ne devrait jamais perdre de vue et qui garantissent la croissance de l’Église, si nous y restons fidèles : l’amour du prochain et le service des uns à l’égard des autres. Ces deux principes sont ancrés dans deux sacrements que Jésus institua lors de la dernière cène et qui sont, pour ainsi dire, le fondement de son message : l’Eucharistie, pour enseigner l’amour, et le lavement des pieds, pour enseigner le service. Amour et service ensemble, sinon, cela ne va pas.

C’est ainsi que nous veut le Seigneur : experts dans notre tâche d’aimer les autres et capables de leur montrer, dans la simplicité des petits gestes quotidiens d’affection et d’attention, la caresse de la tendresse divine. Il nous veut aussi serviteurs de nos frères, mais serviteurs humbles, parce que c’est Jésus qui nous envoie et nous rappelle que le serviteur n’est pas plus grand que son Seigneur, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. Il faut raviver dans notre vie le désir d’imiter le Bon Pasteur, et apprendre à être les « serviteurs » de tous, en particulier de nos frères et sœurs qui ont moins de chance et qui sont parfois rejetés, et faire en sorte qu’en ce temps de crise, ils se sentent accompagnés, soutenus et aimés… » (Extrait du message du Pape François aux prêtres et évêque du Venezuela, https://fr.zenit.org/2021/01/19/venezuela-vivre-une-fraternite-sacerdotale-traduction-complete )

Abbé Victor NDIONE